par Anonymous » 15 Oct 2004, 17:17
Procès de Stéphane Krauth pour le meurtre de Karine Schaaf
STRASBOURG (Reuters) - Stéphane Krauth, 26 ans, sera jugé, à partir de vendredi par la cour d'assises de la Moselle à Metz pour l'enlèvement, la séquestration, le viol et la mort de Karine Schaaf, le 22 juillet 2001 à Bitche.
Le procès doit durer une semaine. Stéphane Krauth, qui est incarcéré depuis les faits, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Il comparaîtra aux côtés de son ancienne compagne, Péroline Garino, 22 ans, dont il a une fille de 3 ans et demi et qui est poursuivie pour destruction de preuves.
L'affaire avait éclaté durant l'été 2001, provoquant une vive émotion bien au-delà de la région.
Karine Schaff, une lycéenne de 17 ans, avait disparu un dimanche après-midi à Bitche alors qu'elle était censée se rendre chez une amie. Seule sa bicyclette, accidentée, était retrouvée dans une zone d'activité.
Grâce à des témoignages, Stéphane Krauth, un Mulhousien dont les parents adoptifs demeurent à Bitche, était placé en garde à vue une semaine plus tard puis mis en examen par le juge d'instruction de Sarreguemines, Vincent Raffray.
Le jeune homme, sans emploi, a reconnu avoir heurté accidentellement la jeune fille alors qu'il circulait au volant de sa Mazda blanche.
Pris de panique, il l'aurait aspergée de gaz lacrymogène pour l'empêcher de mémoriser la plaque d'immatriculation, puis aurait voulu la conduire à l'hôpital avant de se raviser en constatant qu'elle ne respirait plus.
Il aurait alors décidé d'enterrer le corps dans la forêt de Mouterhouse, y retournant la nuit suivante avec Péroline pour l'asperger d'essence et y mettre le feu.
ALCOOL ET CANNABIS
Toujours selon ses déclarations, Stéphane Krauth avait bu cinq ou six litres de bière et consommé cinq grammes de cannabis pendant la nuit précédant les faits.
C'est finalement l'hypothèse d'un homicide volontaire précédé ou suivi d'un viol qui a été retenu par le juge d'instruction.
Celui-ci s'est appuyé sur des aveux que Stéphane Krauth aurait faits à sa compagne ou des déclarations à un ami selon lesquelles il voulait "carotter une fille".
Les experts de la gendarmerie ont estimé que Stéphane Krauth roulait à 30 ou 40 kilomètres/heure au moment de l'accident et non à 100-120 comme il le prétend.
Les experts médico-légaux n'ont relevé sur la victime aucune lésion des membres inférieurs, caractéristique d'un choc entre une voiture et un vélo, mais constaté que la jeune fille avait huit côtes cassées.
L'hypothèse du viol s'appuie quant à elle sur le fait que la partie inférieure du corps était dénudée et sur des déclarations de Krauth qui s'est "vu" avoir eu une relation sexuelle avec la jeune fille. Il s'est ensuite rétracté.
Aucune analyse ADN n'a en revanche pu étayer les faits en raison de l'état de décomposition du cadavre. Deux préservatifs trouvés à proximité ont gardé également leur secret.
L'un porte la seule trace de Stéphane Krauth, l'autre révèle en outre celle de sa compagne avec qui il aurait eu, sur place, une relation sexuelle.
Les jurés auront aussi à se pencher sur la personnalité de Stéphane Krauth, né de père inconnu et adopté à l'âge de quatre ans, que ses parents adoptifs, sans lui ôter leur soutien, décrivent comme menteur, violent, manipulateur voire "possédé".